Originalitat deu Carnaval / Originalité
Cette manifestation est profondément authentique. D’abord parce qu’elle respecte les dates traditionnelles. Ensuite, parce qu’en s’appuyant sur l’identité béarnaise, elle tient tête à l’uniformisation générale dans laquelle s’égarent beaucoup d’autres fêtes. Beaucoup de béarnais vivent cette identité au quotidien mais n’en ont souvent pas conscience. Pourtant, celle-ci est très vivante. Carnaval, c’est la rencontre de tout ce qui fait la richesse du Béarn et montre qu’il existe vraiment. Par choix, les produits du terroir y sont de qualité, la langue présente naturellement, on y chante, on y danse et on y boit des bons vins… ! Quel privilège de faire la fête dans un vrai pays où on est si bien !
Mais, le Carnaval Biarnés, c’est aussi le plaisir de se laisser porter par une histoire fantastique qui mobilise tout le Béarn : celle du retour d’exil de sa Majesté Sent Pançard et de sa cour.
Cet événement festif géant, dans le temps et dans l’espace, s’amorce dans les villages, s’établit et enfle en passant dans les villes et connaît son apothéose dans la capitale du Béarn.
Les personnages carnavalesques d’aujourd’hui sont ceux que l’on retrouve dans les Pyrénées depuis toujours : l’ours, les hommes sauvages, les dames blanches, Carême…
Quant au procès, il a toujours été en occitan. C’est ainsi ! Nous y tenons afin qu’il garde la force de son authenticité ; Carnaval c’est résister, se rebeller.
Mais loin de nous l’idée d’exclure qui que ce soit, bien au contraire. Nous sommes trop attachés à ce que nos actions et nos écrits soient une invitation permanente à découvrir la langue d’une façon ludique et attractive.
La lenga deu Biarn / La langue du Béarn
Le Béarn
Le Béarn est un petit pays qui s’est formé au XIème siècle. Il était organisé autour des « fors », vieilles lois béarnaises, qui limitaient les pouvoirs du prince, protégeaient les droits individuels et reconnaissaient ceux de la femme. C’était, à l’époque, un pays moderne et avancé sur le plan démocratique.
Il est resté indépendant jusqu’à son annexion forcée à la France par Louis XIII, le 20 octobre 1620, qui, par la même occasion, imposa l’usage du français comme langue officielle à la place de l’occitan.Image
La langue
Plusieurs siècles après son interdiction, le béarnais, quoique très menacé de disparition, est toujours vivant. Depuis peu, on assiste même à une prise de conscience générale quant à son avenir.
En Béarn on parle une variété du gascon. Le gascon fait partie des grands dialectes occitans au même titre que le provençal, le languedocien et le nord-occitan. L’occitan, est parlé dans 33 départements français du midi, dans quelques vallées des Alpes italiennes et dans la vallée espagnole du val d’Aran. On donne à cet ensemble le nom d’Occitanie.
Les linguistes ont établi une orthographe classique de l’occitan, celle que nous utilisons.
Origina & Significacion / Origine & Signification du Carnaval
L’étymologie
Etymologie latine : « carnis levare » c’est à dire enlever, ôter la viande, la chair. Elle est établie sur le fait que le carnaval précède immédiatement le Carême ; elle le présente comme un adieu à la chair. Cette période est propice à tous les excès, sachant que les restrictions à venir seront contraignantes.
Les origines
Faut-il remonter à la Rome antique avec ses Saturnales qui étaient des fêtes pendant lesquelles les hiérarchies sociales et les conventions morales étaient bouleversées, ses Lupercales qui voyaient les jeunes gens, moitié nus, vêtus de peaux de bouc poursuivre les filles… ? Sûrement ! Carnaval qui a aussi un rapport avec le printemps nouveau, existait certainement encore plus avant, au temps où les hommes invoquaient les divinités dans le but d’obtenir de bonnes récoltes et une vie agréable.
Sa signification
Certains y voient les restes rituels d’une vieille religion liée au culte du soleil, d’autres pensent que carnaval est un espace de liberté extorqué par le peuple au pouvoir. Mais tous sont d’accord pour dire que carnaval est lié au développement du christianisme très présent autrefois dans la vie quotidienne : sans Carême, Carnaval n’avait pas de raison d’être.
Cette fête commençait juste après le solstice d’hiver ; les jours allongent, la sève monte inexorablement et la vie revient avec le soleil. Carnaval est cette période de tension, d’excès, ce temps de folie croissante et irrémédiable, que le pouvoir politique concède au peuple ou que le peuple s’accorde ; un peu comme le bouchon de la cocotte minute qui se met à tourner quand la pression est trop forte et sans lequel il y aurait risque d’explosion. Alors, les hommes masqués, sachant qu’ils vont entrer en Carême pour quarante jours, sans viande, ni vin, ni sexe, vont, pour quelques jours, se « laisser aller », manger, boire, assouvir leurs envies, plus que de coutume jusqu’au paroxysme final : l’exécution de Sent Pançard.
Mais qui est donc Sent Pançard ?
Pour mieux exprimer ses préoccupations, ses angoisses, le peuple a eu besoin de les matérialiser en inventant un personnage immense et ventru. Un personnage qui concentre en lui tous les désirs, tous les défauts, mais aussi tous les maux du monde (guerres, catastrophes, injustices…). C’est le parfait bouc émissaire. Mais tellement vrai dans son expression caricaturale, que l’on croit forcément à son existence et que l’on se laisse prendre par la magie de son histoire.








