Samedi 26 Février 2011
- 16h30 : La Pantalonada à la Barricada – Rue Bordenave d’Abère
- 17h00 : Dada de la claus / remise des clés – Mairia / Mairie
- 18h00 : Representatcion / Representation – Plaça Clemenceau / Place Clémenceau
- 20h00 : Bal de Sent Pançard a gratis – Capitèth de la Hauta Planta / Chapiteau Place de Verdun
Sent Pançard, juché sur son trône, arrive à l’entrée de la ville à la tête de la Pantalonada ; sa cour est au grand complet. B’ei beròi lo tipe ! Les Palois ont dressé une barricade. Quelques barriques de vin suffisent à négocier le passage.
Fièr e arrident, Sent Pançard que se’n va demandar las claus a las autoritats…
Du balcon de la mairie, il brandit les clés.
La foule laisse exploser sa joie.
La grande parade peut commencer.
Carnaval qu’ei arribat !
La Pantalonada est d’abord un spectacle en mouvement : danseurs, musiciens et saynètes comiques improvisées par des acteurs.
Elle s’achève par une représentation très originale sur la Place centrale de la ville.
Itinéraire
Qu’ei aquò ? / C’est quoi ?
C’est un cortège solennel et structuré qui n’avait lieu que certaines années et seulement dans certaines parties du Béarn. Nous ne savons pas bien encore d’où est originaire ce divertissement. On sait cependant que Pantalon était, au même titre qu’Arlequin, un personnage important de la Comedia dell Arte italienne. De la fin du Moyen Âge, jusqu’au XIXème siècle, il y a eu des mascarades partout en Europe. Elles se déroulaient dans le milieu rural mais aussi dans les villes et étaient, en période de carnaval, très goûtées dans les cours royales. C’étaient des spectacles simples et sans prétention. Il s’agissait généralement d’une succession, sans fil conducteur, de danses, de saynètes comiques parlées ou mimées, de chants, d’acrobaties… La représentation s’achevait par le rassemblement de tous les acteurs pour la danse finale.
Un drin d’istòria / Un peu d’histoire.
Théâtre de rue mêlant scènes improvisées, chorégraphies et pitreries, les mascarades étaient, dès le Moyen Âge, très répandues dans toute l’Europe. Elles avaient pour fonction principale d’assurer la bonne marche de la société. En Béarn on les appelait Pantalonada. Le nom viendrait de Pantalon, qui était, avec Arlequin, un des personnages principaux de la Comedia dell’arte italienne. A cette occasion, et pour quelques heures, les bourgeois s’encanaillaient en jouant les petites gens, les petites gens paradaient en bourgeois et aristocrates. C’étaient, comme l’écrivait l’abbé Laborde, « des mascarades de caractère». Elles étaient beaucoup plus relevées et structurées que les dernières tournées de quête d’après guerre ; des jeunes masqués passaient de maison en maison, se procurant des victuailles pour le repas du soir ; on faisait « courir carnaval » : har córrer carnaval.
La Pantalonada uei / La Pantalonada aujourd’hui.
Les derniers témoignages concernant ces mascarades proviennent principalement de trois pôles : les pays de Montaner, Josbaig et Orthez. C’est à partir des informations collectées dans ces lieux, complétées par quelques documents d’archives, que nous avons bâti la Pantalonada que nous présentons. Si nous l’avons modernisée nous en avons cependant respecté et l’esprit et la forme. Il s’agit donc d’un cortège dans lequel vous retrouverez les représentants caricaturés de la société traditionnelle béarnaise ainsi que des personnages incontournables des Carnavals pyrénéens : les Arlequins, les Esquirons (porteurs de cloches), de très nombreux danseurs et musiciens. Répartis tout le long du cortège, chaque individualité ou groupe a son jeu de rôle, tout simple : les musiciens jouent, les danseurs dansent, le rempailleur rempaille et le barbier rase…
Lo seguici de la Pantalonada / Le cortège de la Pantalonada.
Il comprend plusieurs parties : d’abord los Blancs / les Blancs ou Beaux ; ils représentent la société de bonne condition et de bon ton. Ils sont dignes, calmes et posés. Viennent ensuite Sent Pançard et sa Cour, le groupe de l’Ors, le groupe Bacús. Ils sont suivis par los Negres / les Noirs ou Laids, le bas peuple, avec les représentants de tous les petits métiers ambulants. Enfin los Gigants / les Géants les demi-dieux de la mythologie pyrénéenne clôturent le défilé.
L’entrada a Pau / L’entrée à Pau.
Sa Majesté nous revient chaque année pour reconquérir sa couronne : c’est lo tornar de Sent Pançard. Après plusieurs haltes festives en Béarn, il entre triomphalement à Pau. Sa marche est arrêtée par une barricade de rigueur installée par les Palois au pied du château. Sent Pançard va négocier son entrée en échange de quelques barriques et se rend à la mairie pour demander les clés de la ville. S’ensuit ce dialogue avant que La Pantalonada ne se donne en spectacle.
Maire :
Alavetz, qu’ès tornat ! Alors tu es revenu !
Ditz-me, grana fripolha Dis-moi, grande fripouille
On èras tu passat ? Où étais-tu passé
Qu’an de saber lo monde ! Le peuple veut savoir !
Pançard :
Qu’arribi d’Aragon J’arrive d ‘Aragon
De darrèr la montanha De derrière la montagne
Que torni en gran’ gaujor Je reviens très heureux
Tà fóter la pagalha. Pour foutre la pagaille.
Maire :
Mes qu’ès enqüèra viu Mais tu es encore vivant
Dab dessús la holia Avec la folie dessus
Quiò Dimars Gras perdiu Jusqu’à Mardi Gras
Jo non serèi tranquila. Je ne serai pas tranquille.
Pançard :
Aquò mei que segur Cela est plus que sûr
Que te’n vas véder hèra ; Tu vas t’en voir beaucoup ;
Que pòds sarrar lo cuu Tu peux serrer les fesses
Jo qu’èi la desconèra. Car j’ai la « déconnère ».
Maire :
Si’t balhi uei la clau Si je te donne la clé
D’aquesta bona vila De cette bonne ville
Ne siis pas hastiau ! Ne sois pas ignoble !
Aquò dit shens arríder. Ceci dit sans rire.
Pançard :
Amics ! Jo qu’èi la clau, Amis ! J’ai la clé,
La clau de la timpona, La clé de la « bombance »,
Fotem lo huec a Pau Mettons le feu à Pau
La hèsta sia bona ! Que la fête soit bonne !
Alavetz quin ve va ? Alors, comment ça va ?
Que va plan la canalha ! Comment va la canaille !
Etz prèst a har petar Etes-vous prêts à chanter
« Aqueras Montanhas » ? « Aqueras montanhas » ?









